Blackshade> Tout d’abord, je t'invite à présenter les membres de l'équipe. Qui êtes-vous, votre vie, votre oeuvre.
Florent Martin> Yann Lefebvre, le « papa » de Crimes, siège au sommet de la pyramide (une place sûrement inconfortable). Christophe « Victorio » Chaudier l’a aidé à repenser totalement le système de règles pour aboutir à quelque chose de plus original et représentatif de l’aspect décadent propre au jeu. On peut aussi le qualifier de co-gestionnaire de l’équipe artistique (Les Écuries d’Augias), dans la mesure où il coordonne l’avancée de nos projets divers, une tâche assez complexe vu le nombre et la diversité des artistes qui travaillent sur le jeu. Ensuite, Cécile et Chris Costard s’occupent de la maquette. On doit ajouter à cela beaucoup de dessinateurs qui travaillent pour Crimes plus ou moins ponctuellement, sur commande. Il est possible d’admirer une partie de leur travail sur notre forum : http://lesecuriesdaugias.free.fr/forums/viewtopic.php?id=20. Et puis il y a moi, relecteur en chef et co-auteur de certains suppléments à venir (les Notes de Carter, Chicago…) Nous sommes, pour l’essentiel, trentenaires, le plus jeune de nos collaborateurs est âgé de 17 ans. Il s’agit de la première œuvre officielle de Yann ; dans le milieu rôliste, Victorio est très lié au monde du jdr amateur ; les lecteurs ont peut-être déjà pu apprécier le travail de nos maquettistes sur Exil. Nos illustrateurs ont eu l’occasion de travailler sur INS/MV, Brain Soda, Amnesya… Quant à moi, j’écris depuis quelques années. Tous mes textes se trouvent sur mon site : http://perso.insomnia.free.fr.
BS> Comment est venue l'envie de créer votre jeu de rôle ?
FM> Rendons à César ce qui est à César : avant de recruter sa légion, Yann était le seul et unique initiateur du projet. Je crois savoir qu’il souhaitait, après la lecture du roman graphique From Hell d’Alan Moore, explorer les coulisses de la Belle Epoque (finalement assez méconnues...) C’était aussi l’occasion d’exploiter un principe de décadence progressive dans le cadre d’un jdr.
BS> Quel est le principe général de Crimes ?
FM> Le principe de Crimes consiste à axer le jeu sur l’évolution des névroses propres à chaque PJ. Lorsqu’ils s’adonnent à leurs passions, les personnages cèdent chaque fois un peu plus de terrain à leur côté le plus sombre, jusqu’à finalement sombrer définitivement. Le tout, bien sûr, en exploitant le cadre de la Belle Epoque à travers ses décors les plus glauques.
BS> Pourquoi ce genre plutôt qu'un autre ?
FM> Je pense que la découverte des faits divers les plus dérangeants de la Belle Epoque, dont on fait généralement peu étalage quand on aborde cette époque, ont incité Yann à se tourner vers le genre horrifique, qu’il affectionne particulièrement. Quand Victorio -grand fan de Kult devant l’éternel- l’a rejoint, on a atteint le point de non retour : Crimes serait un jeu d’horreur ou ne serait pas !

BS> Y a t’il une différence fondamentale entre Crimes et un autre jeu du même genre ? Quelque chose qui le sortirait du lot ?
FM> Tout dépend ce qu’on entend par « genre » : si on parle des jeux de la Belle Epoque, avec lesquels Crimes va sûrement être confronté, autant laisser la parole à Yann :
« Il m’est difficile de me baser sur des ouï-dire, je pense que Hex semble s’éloigner d’un traitement purement historique par l’emploi de personnages propres à la fiction. Maléfices est toujours efficace dans son traitement du fantastique à l’européenne. Crimes me semble définitivement plus sombre que ses confrères : attaché viscéralement au cadre de l’époque, il s’évertue à en explorer les moindres recoins, restant le plus souvent à la lisière du fantastique, de la folie, de l’horreur. Peut être est ce là la différence : le personnage est sur une corde raide et il ne sait jamais de quel côté il va basculer. Réponse quand les trois jeux sortiront… »
S’il est question des jeux d’horreur, Crimes se démarque de L’Appel de Cthulhu par son absence d’ambiance pulp et sa psychologie plus fouillée. En cela, il est beaucoup plus proche d’un Kult, si ce n’est qu’il se déroule à la Belle Epoque en exploitant son contexte historique et ses grandes figures.
BS> Tu peux nous parler du background dans les très grandes lignes ?
FM> Encore une fois, le background est ici représenté par les coulisses de la Belle Epoque dans ce qu’elles ont de plus dérangeant. L’église et la morale perdent de leur pouvoir, la science progresse à ses dépends, la population s’affranchit de toute contrainte… Ce qui peut donner lieu à certaines dérives, et c’est ce qui nous intéresse tout particulièrement.
BS> Quand sera-t-il disponible ?
FM> La sortie a été repoussée en septembre, car il n’était pas question de sortir le jeu pendant les grandes vacances. Nous prenons soin de la maquette, et il nous faut assembler plus d’un million de signes et des dizaines d’images sans que cela nuise à la lecture d’une intrigue assez dense. Cela prend du temps, mais je pense que les souscripteurs en seront d’autant plus satisfaits.
BS> Comment se procurer ce jeu ?
FM> Et bien justement, pour l’instant, par souscription sur notre blog : http://sd181.nfrance.com/~k1288/article.php3?id_article=826. Il est à noter que l’expédition vers les DOM/TOM correspond à un envoi international, soit un total de 45 euros comprenant :
-le livre de base,
-les notes de Carter
-le port
Les chèques ne sont encaissés qu’à la sortie du livre, qui sera aussitôt envoyé aux souscripteurs pour un très long voyage, en ce qui concerne les Antilles. Ensuite, une fois le livre sorti, il sera possible de le trouver en boutiques ou de le commander sur le net, mais le prix ne sera sûrement pas le même, et il ne sera plus possible d’acquérir les Notes de Carter (un carnet relatant le parcours de l’agent britannique Craig Carter en France, au centre de l’intrigue).
Pour ce qui est du suivi de la gamme, il est déjà assuré que l’écran et le supplément Chicago seront disponibles peu après le livre de base. Nous travaillons déjà sur plusieurs autres supplément concernant Paris ou l’Angleterre victorienne.
BS> Quand est-ce que tu viens en Guadeloupe nous masteriser une partie de Crimes ?
FM> Il suffit simplement de payer le déplacement à toute l’équipe pour la voir débarquer, dès la semaine prochaine, en chemises à fleurs ! Sinon, il faudra s’arranger pour organiser des parties sans nous en attendant le jour où Crimes nous rendra riche…
BS> Quelque chose à rajouter ?
FM> Oui, à titre personnel, je m’interroge sur la perception qu’on peut avoir du Paris de la Belle Epoque depuis les Antilles. J’aimerais d’ailleurs dissiper tout malentendu : Crimes ne concerne pas que Paris, ni même la France ; les joueurs y seront amenés à voyager dans le monde entier à travers nos scénario. De plus, il est question, dans le livre de base, de certaines idées nauséabondes propres à la pensée commune de cette époque, concernant notamment la colonisation. Il était pour nous impensable de faire l’impasse là-dessus, dans la mesure où l’on a voulu refléter tous les aspects de cette époque, même les moins glorieux.
Quelques liens utiles :
Le kit de démonstration gratuit de Crimes
Le blog de Crimes
Le forum des Ecuries d'Augias
Les illustrateurs :
le medecin légiste et le manoir:
Fred Rambaud
L'asile :
Ben