|
|
|
|
 |
 |
La régle du jeu |
 |
 |
|
tout ce que doit savoir un bon shadow runner pour pouvoir augmenter son espérance de vie dans le milieu
II existe un délicat équilibre entre les besoins et l'avidité d'une corporation. Les shadowrunners marchent sur la corde raide entre ces deux pôles. Un pas de trop dans la mauvaise direction et la corporation risque de vous trouver plus rentable mort que vivant. Si nous n'étions rien d'autres qu'une menace permanente pour leur sécurité, les ténors du milieu corporatiste auraient vite fait de nous balayer jusqu'au dernier. Mais comme ils ont besoin de nous, ils observent certaines règles "tacites" en ce qui concerne notre recrutement et notre utilisation. A quoi bon gaspiller des ressources précieuses? Les bons runners connaissent la règle du jeu et savent en jouer. Les mauvais finissent généralement au fond d'un canal. Captain a dit qu'il lui semblait important de revenir sur les fondamentaux. j'en ai donc dressé la liste en demeurant aussi simple que possible.
|
|
C'est la règle numéro un du shadowrunning. Quoi que vous fassiez. ne vous faites pas prendre la main dans le pot de confiture. Les corpos considèrent peut ètre le shadowrunning comme un élément du bizness, mais ne croyez pas que ça va vous aider si vous déclencher un signal d'alarme au milieu d'un complexe corpo de haute sécurité. Les gardes n'accepteront pas vos arguments, et votre employeur niera avoir eu connaissance de vos agissements. Les bousilleurs qui sabotent le boulot finissent généralement les pieds devants; ceux qui arrivent à se carapater n'ont plus qu'à tirer la chasse sur leur réputation.
|
|
|
|
Vous êtes supposés être des professionnels. Alors comportez vous comme tel. Combien de fois je me suis retrouvé à un rendez vous en compagnie de jeunes runners tout juste sortis d'un trou à rats urbain comme les Redmond Barrens ou El Inferno. Généralement, ce sont des gangsters ou d'ex gangsters habitués à être la terreur de leur quartier. Ils roulent des mécaniques, en font des kilos et jouent à des petits jeux de domination avec le Johnson. comme s'il se préoccupait de savoir qui est le caïd du barrio. La plupart de ces rigolos sont poliment remerciés, ou pire encore, embauchés comme chair à canon dans des runs suicide. Ne soyez pas stupides. Vous voulez être traités en professionnels? Alors, soyez professionnels.
|
|
|
|
Votre Johnson ne vous dira jamais tout; c'est comme ça. II ne vous dira pas son vrai nom, pour qui il travaille ni quelles sont ses raisons de vous embaucher, et une fois sur deux il vous mentira même au sujet de l'objectif réel de la shadowrun. Dans les ombres, ce qui compte, c'est ce que vous avez besoin de savoir, et la plupart du temps vous n'aurez pas besoin de savoir. En fait, plus vous en saurez, moins vous aurez de valeur; même aujourd'hui, on peut parfaitement en savoir trop. Si un Johnson se persuade que vous représentez un danger, il voudra vraisemblablement vous réduire au silence, définitivement.
|
|
|
|
Par contre, vous ne perdez rien à vous renseigner discrètement de votre côté. Ça fait mauvais genre de s'adresser directement à son Johnson, mais il serait stupide de ne pas procéder à quelques vérifications élémentaires concernant ses motivations et affiliations. Même chose pour la shadowrun elle même, renseignez vous d'abord, ça peut vous sauver la vie comme sauver votre réputation. Apprenez tout ce que vous pouvez à propos de votre cible avant de passer à l'action. Parlez à vos contacts, voyez ce qu'ils savent. Dressez un plan à l'avance, et prévoyez un plan de secours si le premier ne fonctionnait pas (c'est presque toujours le cas). Par dessus tout, souvenez vous qu'aucun plan ne survit à la confrontation avec l'ennemi.
|
|
|
|
Vos contacts sont ce que vous possédez de plus précieux. Prenez soin d'eux et ils prendront soin de vous. Ça veut dire protéger vos sources, et ne jamais chercher à connaître celles des autres (la marque d'une incompétence qui ne trompe pas). Ne mettez pas vos sources dans une position où vous n'aimeriez pas vous trouver. Si vous avez une amie qui travaille dans une corpo et que les informations qu'elle vous transmet entraîne son renvoi, vous avez perdu à la fois une amie et une source de renseignements. Enfin, n'oubliez pas de récompenser ceux qui vous ont aidé.
|
|
|
Les corpos s'attendent à subir un certain nombre de shadowruns: c'est la loi des affaires. Mais plus vous causez de dégâts, plus vous coûtez cher à votre cible. Et plus vous lui coûtez cher, plus elle risque de vous en vouloir. En d'autres termes, tâchez de faire en sorte que vos cibles n'aient jamais aucun intérêt à vous faire descendre.
Les dommages collatéraux comprennent tout ce qui n'est pas absolument indispensable pour parvenir à vos fins : tuer ou blesser les membres du personnel de sécurité, détruire des biens corporatistes, planter un système de sécurité et ainsi de suite. Dans l'idéal, une shadowrun ne devrait pas laisser la moindre trace de votre passage. Moins vous entraînez de dégâts, mieux c'est. En général, les Johnson préfèrent les shadowruns discrètes à celles qui laissent un monceau de cadavres dans leur sillage.
Bien sur, si c'est le client qui vous demande de faire du grabuge, alors là...
|
|
|
Faites bien attention : la règle suivante est la plus importante que vous lirez jamais. On n'arnaque pas son employeur. Un shadowrunner surpris à doubler ou trahir son employeur est presque certainement un shadowrunner mort. Même si vous survivez à l'entourloupe, plus la peine d'espérer retrouver du boulot dans les ombres (vous pouvez certes changer de nom et de visage, ou vous envoler pour une destination où personne n'a jamais entendu parler de vous, mais mieux vaut que ce ne soit pas dans un endroit où votre Johnson et sa corporation pourront vous retrouver). Les corporations ont beau s'appuyer sur les shadowrunners, elles ne peuvent pas se permettre de leur laisser croire qu'ils peuvent les rouler dans la farine et s'en tirer. Ceux qui se retournent contre leur employeur servent généralement d'exemple aux autres. J'en ai vu quelques uns, et croyez moi, j'ai retenu la leçon. Ne déconnez pas avec M. Johnson... ça n'en vaut vraiment pas la peine.
|
|
|
Cette règle est directement liée à la précédente. Quand vous avez bouclé un run, vous résistez à l'envie de le clamer sur les toits et vous l'oubliez. On vous paye pour votre discrétion autant que pour votre savoir faire. Donc, pas de bavardages de comptoir au bar du coin, pas de diffusion dans la Matrice des détails les plus saignants, et pas de vantardises auprès de votre entourage sur le rôle que vous avez pu jouer dans le run du siècle. Si vous éprouvez le besoin de parler d'un run sur un noeud protégé, comme Shadowland, au moins changez les noms et les dates pour protéger les intérêts de votre employeur. S'il y a des fuites, c'est à vous que M. Johnson pensera en premier. Et si vous avez connaissance de certains détails embarrassants, ne croyez pas que vous aurez pour autant barre sur votre employeur ; demandez vous plutôt si cela ne vous donne pas plus de valeur mort que vivant.
Par contre, partagez autant d'informations que possible avec vos collègues. Je sais que ça peut sembler contradictoire avec ce qui précède, mais ce qui nous intéresse, ce n'est pas de savoir qui vous a engagé ni pourquoi plutôt de connaitre tout ce que vous pouvez nous apprendre sur les dispositifs de sécurité du site que vous venez de visiter.
|
|
|
Le but de toutes ces règles est de jeter les bases d'une relation de confiance entre shadowrunners et Mrs. Johnson. Oh, pas la peine de vous esclaffer. C'est vraiment ça. II faut bien qu'il y ait un minimum de confiance entre les deux, sans quoi, tout le système s'écroule. Un Johnson qui se taille une réputation de traître ou de commanditaire de missions suicide finit par décourager les bonnes volontés : un shadowrunner qui bavarde à propos de ses opérations finit par se retrouver au chômage (ou par piquer une tête dans le canal le plus proche avec des chaussures en béton).
C'est là que cette qualité qu'on appelle l'honneur entre en jeu. Si vous dites à un Johnson que vous allez faire quelque chose, faites le : si un Johnson vous trahit, faites le savoir autour de vous. C'est comme dans les ombres. Ça marche dans les deux sens. Les corpos ont besoin de nous, besoin de pouvoir compter sur nous le moment venu ; elles ne veulent pas d'un Johnson foireux qui détruise leur réputation et les fasse boycotter par la main d'oeuvre qualifiée. Ce genre de personnage se retrouve d'ailleurs très vite sur liste noire ; si vous êtes engagés pour le traquer, pensez que vous rendez service aussi bien aux corpos qu'à la communauté des ombres.
|
| |